Dominique Abel

Me Gustas Como Mujer y Como Persona

« Il faut porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile filante. » F. Nietzsche "Ainsi parlait Zarathoustra"
L'état d'esprit du film tient au fait que l'intrigue se déroule au gré de hasards, d'empêchements et de revirements de situation, renforcés par des détails purement irrationnels. La relation que ces personnages ont avec leur talent, cette conception assez surnaturelle de leur état d'artiste, est aussi une conception générale de l'existence. La Vierge du Rocío, el Torta qui se signe en disant « Inch'Allah », ou dans l'avant dernière séquence: « comme s'il s'en remettait au ciel », n'en sont que 3 exemples parmi des dizaines. Au milieu de toute cette apparente incohérence, cela éclaire cette immanence qui les mène, en dépit de tout, à ce qui était prévu, c'est-à-dire à l'enregistrement en direct… Une façon de les convaincre que tout était écrit. Le parcours du duo, puis du trio, une fois qu'ils ont enfin trouvé El Torta, prend des allures de dérive en forme de chemin de croix, où la vie est en fait un défi à la mort. El Torta vient de tomber très amoureux… d'une japonaise qui lui est apparue comme une Vierge: d'une candeur et d'une beauté saisissantes. Cette naïve et attachante jeune femme ne veut rien d'autre qu'écouter du flamenco, assister à un juerga, mais jamais ils ne lui révéleront qui ils sont: c'est l'impossibilité d'une véritable rencontre, la fatale incapacité à se comprendre, la difficulté d'un langage commun par delà la langue, le choc des cultures…